Gemalto : un peu de cybersécurité, beaucoup de souveraineté

Le feuilleton du rachat de Gemalto a pris fin ce week-end avec la validation d’une offre de Thales et l’abandon d’Atos. Une opération créant un acteur important de la cybersécurité, mais aussi garantissant la souveraineté de la France dans ce domaine.

Et au final Thales s’est emparé de Gemalto. La semaine dernière, Atos était sorti du bois pour déclarer sa flamme au spécialiste de la carte SIM en lui proposant un mariage avec une dot de 4,3 milliards d’euros. L’OPA aussi amicale qu’elle puisse être avait été rejetée par le conseil d’administration de Gemalto. Face à la persistance des marques d’intérêts, ce dernier a dévoilé pendant le week-end sa botte secrète, un rapprochement avec Thales. L’opération est estimée à 4,8 milliards de dollars avec une action à 51 euros. Atos n’a pas renchéri en se déclarant toujours intéressé au cas l’affaire capoterait.

L’objectif d’une telle bataille est effectivement la création d’un géant de la cybersécurité. Avec Atos, la nouvelle entité pouvait prétendre à un chiffre d’affaire de 1,5 milliard d’euros sur cette activité. Avec Thales, l’opération doit créer un champion qui « se classera parmi les trois principaux acteurs mondiaux avec 3.5 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur le marché en forte croissance de la sécurité numérique », explique les deux sociétés dans un communiqué.

Une cybersécurité française au cœur du débat

Derrière ce rapprochement se pose surtout la question de la cybersouveraineté des solutions de sécurité. L’opération a été scrutée avec attention par le gouvernement et la présidence de la République. Le Monde rapporte que l’exécutif voulait absolument favoriser une solution nationale pour le rachat de Gemalto. Un député LREM a expliqué « le Premier ministre et le ministre de l’économie et des finances étaient favorables à l’offre d’Atos, qui permettait d’éviter le scénario d’un rachat par un groupe étranger ». Oui mais voilà c’était sans compter sur les discussions entamées depuis un an entre Gemalto et Thales et qui se sont accélérées pendant le week-end.  Une aubaine pour l’Etat, actionnaire des deux structures (en direct ou via BPI France) et qui a sans problème donné son quitus au rapprochement.

La notion de souveraineté dans le domaine de la cybersécurité est devenue importante. Elle a été un axe des projets menés dans le cadre des investissements d’avenir. Elle avait été un des éléments clés de la stratégie nationale pour la sécurité du numérique dévoilée en 2015 par Manuel Valls, alors Premier ministre. Guillaume Poupard, directeur général de l’ANSSI plaide aussi depuis plusieurs années pour l’avènement d’un écosystème national de cybersécurité. La France dispose d’acteurs reconnus comme Orange cybersécurité, Atos, Capgemini, Wavestone, mais également des éditeurs comme l’alliance Hexatrust (Wallix, Sentryo, iTrust, etc.)

On constate aujourd’hui que d’autres pays et non des moindres privilégient des entreprises nationales en matière de cybersécurité. L’affaire Kaspersky aux Etats-Unis peut-être analysée sous ce prisme. Donald Trump a pris une mesure radicale en intégrant dans la loi l’interdiction faite aux agences fédérales d’installer les logiciels de l’éditeur russe. Les autorités américaines soupçonnent fortement Kaspersky d’avoir des liens avec le Kremlin et donc d’avoir des activités de cyber-espionnage.

Photo by fschnell on Visual Hunt /  CC BY

Auteur : Jacques Cheminat

Journaliste pendant 15 ans sur les thématiques, télécoms, réseaux, datacenter, stockage, sécurité, virtualisation, etc..., j'ai choisi d'ouvrir ce blog pour écrire sur tous les sujets IT, les tendances et mes humeurs.

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