L’IA, un deus ex machina pour Facebook et Zuckerberg ?

Devant les élus américains, Mark Zuckerberg a certes fait acte de contrition sur l’affaire Cambridge Analytica, mais il a surtout promu l’intelligence artificielle pour résoudre les problèmes. Petit hic, la méthode et le calendrier n’ont pas été donnés.

Le fondateur et patron de Facebook avait bien préparé son audition devant la commission sénatoriale. Pendant 5 heures, Mark Zuckerberg a été passé au grill après le scandale Cambridge Analytica, une société anglaise, qui a réussi à siphonner plus de 87 millions de profils Facebook pour influencer la campagne électorale américaine. Lors de son grand oral, le jeune milliardaire a fait acte de contrition, mais repousse toute idée de régulation. « Je ne suis pas sûr que nous ayons besoin d’une loi », répond-il à la question de savoir s’il serait prêt à défendre une loi protégeant la vie privée des moins de 16 ans.

Face aux errements et erreurs de Facebook, Mark Zuckerberg a une solution, l’intelligence artificielle. Ce mot magique a été prononcé 23 fois au cours de son intervention. Il a expliqué qu’à terme l’IA serait suffisamment sophistiquée pour lutter contre les dérapages sur la plateforme, tel que les fake news, les propos racistes et d’incitation à la haine ou la propagande terroriste. Dans les 5 à 10 prochaines années, l’IA va être un champion pour résoudre des crises ou des grands bouleversements, sans que les entreprises se soucient des problématiques de censure ou de modération humaine.

Un sauveur artificiel et un effet boomerang

Ce recours à l’intelligence artificielle a été perçu par certains comme un artifice pour dédouaner la responsabilité de Mark Zuckerberg. Selon, James Grimmelman, professeur de droit, interrogé par le Washington Post, « cela ne résoudra pas les problèmes de Facebook, mais cela va résoudre le problème de Zuckerberg: trouver quelqu’un d’autre pour endosser ses responsabilités ». Un sénateur a même taclé l’importance de l’IA et son utilité au sein du réseau social en prenant l’exemple de l’affaire des Rohyinga en Birmanie et des appels au meurtre sur des journalistes musulmans. Il a fallu plusieurs requêtes avant la disparition de ces messages. « Pourquoi l’IA n’a-t-elle pas réussi à les détecter et les supprimer en moins de 24 heures », s’interroge l’édile. Le dirigeant a avoué que des efforts devaient être menés pour que l’IA appréhende mieux les subtilités de la langue birmane.

Dans son discours, Mark Zuckerberg s’est bien gardé de donner des dates et des détails techniques sur l’avènement effectif du sauveur IA. Dans ce laps de temps non déterminé, des évolutions technologiques vont avoir dans le domaine de l’apprentissage automatique et profond. Les experts avertissent que l’IA pourrait devenir source de problème. Ainsi, des gens malintentionnés se serviraient de l’IA pour contourner les filtres de Facebook pour lutter contre les fake news. De plus, les utilisateurs lassés par le mauvais traitement de leurs données seraient plus enclins à transmettre de fausses informations personnelles. Or l’IA ne vit que par la quantité des données et si possible fraîches et vérifiées.

Photo credit: Wired Photostream on VisualHunt.com /  CC BY-NC

Auteur : Jacques Cheminat

Journaliste pendant 15 ans sur les thématiques, télécoms, réseaux, datacenter, stockage, sécurité, virtualisation, etc..., j'ai choisi d'ouvrir ce blog pour écrire sur tous les sujets IT, les tendances et mes humeurs.

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