L’application SAIP n’alertera plus personne

Le gouvernement a décidé de débrancher le service d’alerte attentat mis en place après les évènements de 2015. Face aux ratés, les autorités préfèrent s’en remettre aux réseaux sociaux plus réactifs.

L’application Alerte Attentat du SAIP (Système d’alerte et d’information à la population) vit ses dernières heures. Le ministère de l’intérieur a confirmé que le contrat noué avec le prestataire, la société Deveryware, expirait le 31 mai et ne serait pas reconduit. Pour mémoire, à la suite des attentats du 13 novembre 2015, le gouvernement avait demandé la création d’un système pour prévenir la population en cas de menaces. Au sein du dispositif « système d’alerte et d’information des populations » (SAIP), il y avait le développement de l’application Alerte Attentat.  

Défaillances en cascade

Si sur le papier l’intention était bonne, la mise en œuvre a été ponctuée d’une succession de ratés. Le bug majeur est survenu lors de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice où l’application a envoyé un message d’alerte 2 heures après la survenance des faits. On peut citer aussi des fausses alertes ou mal identifiées comme à Paris (fausse prise d’otages aux Halles) ou à Grasse (fusillade dans un lycée par un élève et non par un terroriste). Dans un rapport de décembre 2017, le sénateur LR Jean-Pierre Vogel avait écharpé cette application jugée « obsolète » et « défaillante ». Il constatait notamment que son développement s’est réalisé dans l’urgence, à peine 5 mois, pour un nombre de téléchargements très limité, 900 000 personnes. Et pour un coût avoisinant les 300 000 euros.

Facebook, Google et Twitter sollicités

Pour le ministère de l’Intérieur, le remplacement de l’application SAIP est trouvé, les réseaux sociaux. On pense notamment à la fonction Safety Check de Facebook qui est rapidement activé en cas d’évènement (attentat ou catastrophe naturelle). Gérard Collomb sur Twitter a indiqué « Sur Facebook : une visibilité rapide et forte des messages du Ministère de l’intérieur sera assurée via l’outil « safety check » déjà mis en place par ce réseau social ». Twitter a été également reconnu par le ministère comme canal de diffusion des alertes via un compte dédié @Beauvau_Alerte.

De son côté, Google promet de « positionner de manière prioritaire les messages du Ministère de l’intérieur si les mots clés tapés par l’internaute correspondent à la crise en cours ». Enfin, le ministère peut compter sur les sociétés RATP, Vinci autoroutes, France Télévisions et Radio France pour relayer les messages.

Le rapport du sénateur Jean-Pierre Vogel poussait une autre solution technologique, la capacité d’envoyer des SMS aux téléphones localisés dans la zone en danger. Problème de cette approche, les opérateurs mobiles devaient adapter leurs infrastructures et leurs logiciels, ce qui signifie un investissement coûteux.

Auteur : Jacques Cheminat

Journaliste pendant 15 ans sur les thématiques, télécoms, réseaux, datacenter, stockage, sécurité, virtualisation, etc..., j'ai choisi d'ouvrir ce blog pour écrire sur tous les sujets IT, les tendances et mes humeurs.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s